Emprise au sol ou surface de plancher : ne plus confondre
Deux notions distinctes qui décident du type d'autorisation. Méthode de calcul et cas des débords de toiture.
6 min

Pièce DP2
Le plan de masse est la pièce maîtresse d'une déclaration préalable : c'est sur elle que le service instructeur vérifie l'implantation, les distances aux limites séparatives, les hauteurs et le raccordement aux réseaux. Voici ce que le code de l'urbanisme exige exactement, l'échelle à retenir, la méthode pour partir du cadastre, et les erreurs qui déclenchent une demande de pièces complémentaires.
Devis ferme après le questionnaire · toutes les pièces produites · dossier déposé en mairie
Nous dessinons cette pièce
Plan de masse et les autres pièces du dossier, produits à partir de vos mesures et du cadastre, puis déposés en mairie.
Démarrer ma déclarationLe plan de masse est une vue aérienne de votre terrain, dessinée à l'échelle et cotée, sur laquelle figurent la parcelle, ce qui existe déjà, ce que vous projetez de construire, et la manière dont l'ensemble se raccorde aux réseaux. C'est la pièce DP2 du bordereau de la déclaration préalable. Le service instructeur s'en sert pour une seule chose : vérifier que le projet respecte le règlement de la zone où se trouve la parcelle, recul par rapport aux limites séparatives, emprise au sol admise, hauteur maximale, coefficient de pleine terre, organisation des accès.
Il n'est pas exigé pour tous les projets. L'article R.431-36 du code de l'urbanisme le réclame lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante. Un abri de jardin, un carport, une extension ou une piscine créent un volume : plan de masse obligatoire. Un ravalement, un changement de menuiseries ou des panneaux en surimposition de toiture ne modifient aucun volume : la mairie ne peut pas l'exiger.
La nuance a une conséquence pratique. Le même article se termine par une phrase que peu de demandeurs connaissent : « Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. » Si un service urbanisme réclame un plan de masse coté pour un simple changement de teinte de volets, la demande est infondée, et une demande de pièces infondée n'a pas d'effet suspensif sur le délai d'instruction.
Cela dit, dès qu'il est dû, le plan de masse est la pièce la plus regardée du dossier et, de très loin, celle qui déclenche le plus de demandes de pièces complémentaires. C'est le seul document où la conformité au PLU se lit d'un seul coup d'œil : un dessin juste fait gagner trois semaines, un dessin approximatif en fait perdre quatre.
| Critère | Plan de masse (DP2) | Extrait de plan cadastral |
|---|---|---|
| Échelle couranteAucune valeur imposée par le code | 1/100 à 1/500 selon la parcelle | 1/500 à 1/5 000 selon la commune |
| Projet figuré sur le plan | Oui | Non |
| Cotes aux limites séparativesDébords de toiture compris | Oui | Non |
| Hauteurs et altimétrie | Oui | Non |
| Réseaux et assainissement | Oui | Non |
| Orientation et échelle au cartouche | Oui | Oui |
| Coût | Établi par vos soins ou par un dessinateur | Gratuit sur cadastre.gouv.fr |
| Recevable seul en mairie | Oui | Non |
La notice officielle du formulaire de déclaration préalable énumère point par point le contenu attendu. La liste est sensiblement plus longue que ce que contiennent la plupart des dossiers montés seul :
Ce dernier point est presque toujours oublié. L'article R.431-10 du code de l'urbanisme est pourtant explicite : « Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. » Deux petits triangles numérotés sur le dessin suffisent, mais leur absence constitue un motif de demande de pièces à part entière.
S'y ajoute tout ce que le règlement de votre zone impose de contrôler. Si le PLU fixe un coefficient de pleine terre, faites apparaître les surfaces imperméabilisées et leur total. S'il impose des places de stationnement, dessinez-les. S'il réglemente les clôtures, portez leur implantation et leur hauteur. Le service instructeur ne devrait avoir aucun calcul à refaire : tout ce qu'il doit vérifier doit être lisible sur le plan.
Une seule feuille ne suffit pas toujours. Sur un grand terrain, la notice autorise expressément à produire deux plans : un plan d'ensemble à petite échelle qui montre la totalité de la parcelle et situe le projet, et un plan annexe à plus grande échelle qui en détaille les abords immédiats. C'est la bonne pratique dès que le terrain dépasse 2 000 m², ou que le projet occupe un angle éloigné de la parcelle.

Le code de l'urbanisme n'impose aucune valeur d'échelle pour le plan de masse. La notice demande seulement « une échelle permettant de représenter le projet dans le terrain ». C'est une liberté, pas une dispense : un plan dont l'échelle n'est pas mentionnée est irrecevable, puisque la mairie n'a alors aucun moyen de contrôler une cote.
En pratique, les services instructeurs attendent du 1/100 ou 1/200 sur une parcelle pavillonnaire de quelques centaines de mètres carrés, du 1/500 au-delà de 2 000 m², et du 1/1 000 sur les très grands terrains. Au 1/200, un mètre de terrain occupe 5 mm sur la feuille : un abri de 4 m sur 3 tient dans un rectangle de 2 cm sur 1,5 cm, ce qui reste parfaitement lisible sur un A4.
Indiquez l'échelle en toutes lettres dans le cartouche, « Échelle 1/200 », et doublez-la d'une échelle graphique, c'est-à-dire d'une petite règle dessinée sur le plan. C'est le seul moyen de rester juste si le dossier est photocopié ou réimprimé à un autre format, ce qui arrive systématiquement en instruction papier.
L'orientation est obligatoire : une flèche indiquant le nord, placée dans le cartouche. Elle sert à apprécier les vues, l'ensoleillement des constructions voisines et, dans certaines communes, l'orientation imposée du faîtage. Par convention, on oriente le plan avec le nord vers le haut ; si la géométrie de la parcelle impose de faire pivoter le dessin, la flèche devient indispensable.
Complétez le cartouche par ce qui rattache le plan au dossier : références cadastrales (section et numéro de parcelle), adresse du terrain, nom du demandeur, date, et intitulé « DP2 : Plan de masse ». Un plan non identifié qui se détache du dossier est un plan perdu, et les dossiers papier circulent entre plusieurs bureaux.
Une cote est une distance écrite sur le dessin, avec sa ligne d'attache. Sans cote, un plan n'est qu'une illustration. Quatre familles de cotes sont contrôlées à chaque instruction.
Les distances aux limites séparatives. On mesure depuis le point le plus saillant de la construction : débords de toiture compris : jusqu'à la limite de propriété, perpendiculairement à celle-ci. Il faut une cote par limite concernée, et non une cote unique. La plupart des PLU imposent soit un recul minimal, souvent 3 m, soit l'implantation en limite avec une façade aveugle et une hauteur plafonnée : c'est exactement ce que le service instructeur va chercher sur le plan.
Le recul par rapport aux voies. Il se mesure jusqu'à l'alignement de la voie publique, qui n'est pas toujours la limite de la parcelle : un emplacement réservé pour élargissement de voirie déplace l'alignement à l'intérieur du terrain. Cette information figure au plan de zonage du PLU, pas au cadastre.
L'altimétrie. Le plan doit permettre de situer le projet en hauteur : cote du terrain naturel avant travaux, cote du terrain fini, cote du plancher bas, hauteur à l'égout et hauteur au faîtage. Lorsque le terrain se situe en zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, l'article R.431-9 du code de l'urbanisme impose de rattacher ces cotes au système altimétrique de référence de ce plan : on écrit alors « 12,80 m NGF », et non « +0,40 m par rapport au terrain ». Cette substitution est l'un des motifs de renvoi les plus fréquents en vallée.
Les réseaux. Emplacement du branchement d'eau potable, du raccordement au réseau public d'assainissement ou, à défaut, de la filière d'assainissement individuel avec sa surface d'épandage. Les gestionnaires de réseaux sont parfois consultés en cours d'instruction, et une telle consultation peut majorer le délai d'un mois : autant que le tracé soit clair dès le dépôt.
Un cas particulier mérite d'être connu : lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse doit indiquer l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. C'est une exigence explicite du code, et un motif de refus classique sur les parcelles de fond de jardin issues d'une division.
La formule est celle du code lui-même : l'article R.431-36 exige « un plan de masse coté dans les trois dimensions ». Elle intrigue, et elle est régulièrement mal comprise : elle ne réclame ni maquette numérique, ni image de synthèse, ni logiciel de modélisation.
Coté dans les trois dimensions signifie que le dessin, qui reste une vue en plan, porte aussi les hauteurs. Longueur et largeur se lisent sur la vue aérienne ; la troisième dimension s'ajoute sous forme de cotes écrites : hauteur au faîtage, hauteur à l'égout, hauteur de la clôture, altimétrie du terrain avant et après travaux. Un plan de masse parfaitement conforme reste un dessin à plat.
L'expression « plan de masse en 3D », très recherchée, recouvre autre chose : une perspective ou une axonométrie produite par un logiciel. Ce type de vue est utile et souvent convaincant, mais il relève de la pièce DP5, la représentation de l'aspect extérieur, ou du DP6, le document graphique d'insertion. Le confondre avec le DP2 conduit à déposer une belle image sans une seule cote, donc un dossier incomplet.
Notre position est simple, et elle vaut pour tous les dossiers que nous montons : un plan de masse coté correctement, lisible en noir et blanc, passe partout. Une perspective en couleurs sans cotes ne passe nulle part.
Il n'existe pas de plan de masse à télécharger : par définition, il contient votre projet, que personne d'autre que vous ne connaît. Ce qui se télécharge gratuitement, c'est le fond de plan : l'extrait de plan cadastral, qui donne le contour de la parcelle et l'emprise des bâtiments existants.
Le plan cadastral est consultable et téléchargeable sans frais sur cadastre.gouv.fr, et le fond de carte de l'IGN sur geoportail.gouv.fr. Les deux sont des services publics gratuits. Les sites qui facturent la simple récupération d'un extrait cadastral revendent une donnée publique qui ne coûte rien.
Une limite du cadastre mérite d'être connue avant de s'en servir : c'est un document fiscal, pas un document de géomètre. Les contours de parcelle y sont donnés à une précision de l'ordre du mètre en zone rurale, et les bâtiments y apparaissent parfois avec plusieurs années de retard. Il sert de base de travail ; il ne remplace ni un relevé au décamètre sur place, ni un bornage contradictoire lorsqu'une limite est contestée par un voisin.
La méthode que suivent nos dessinateurs, du téléchargement du cadastre au cartouche final. Comptez trois à quatre heures pour un projet simple.
Sur cadastre.gouv.fr, saisissez l'adresse du terrain, sélectionnez la parcelle et exportez l'extrait en PDF. Relevez au passage la section et le numéro de parcelle : ils devront figurer sur le plan.
Sur le géoportail de l'urbanisme, identifiez la zone du PLU qui couvre la parcelle, puis relevez ce qui sera contrôlé : recul sur voie, recul aux limites séparatives, hauteur maximale, emprise au sol admise, coefficient de pleine terre, servitudes.
Décamètre à la main, mesurez la maison, les annexes, les clôtures et les distances jusqu'à chaque limite. Repérez le compteur d'eau, les regards d'assainissement et les arbres : leur position devra être reportée.
Reportez le contour de la parcelle et les constructions existantes à l'échelle retenue, puis contrôlez : la somme de vos mesures doit refermer sur le contour cadastral à quelques centimètres près. Un écart important signale une limite mal identifiée.
Placez la construction projetée, débords de toiture compris, puis cotez : distance à chaque limite concernée, recul sur voie, longueur, largeur, hauteur à l'égout et au faîtage, altimétrie du terrain avant et après travaux.
Ajoutez les réseaux, les arbres maintenus, supprimés et plantés, les parties du terrain à creuser, les points de vue des photographies DP7 et DP8, puis le cartouche : échelle chiffrée et graphique, flèche du nord, références cadastrales, adresse, date.
Ces trois documents sont confondus dans un dossier sur deux. C'est la première cause de renvoi, avant même les cotes manquantes.
Le plan de situation (DP1) répond à la question « où est le terrain ? ». Il est cadré sur la commune, à une échelle de l'ordre du 1/2 000 ou du 1/5 000 en ville, du 1/20 000 ou du 1/25 000 en zone rurale. Il ne montre aucun détail du projet. Il est obligatoire dans tous les dossiers, y compris pour un simple ravalement.
Le plan de masse (DP2) répond à la question « où est le projet sur le terrain ? ». Il est cadré sur la parcelle, à une échelle de l'ordre du 1/100 au 1/500, il est coté, et il n'est exigé que si le projet crée une construction ou modifie un volume.
L'extrait de plan cadastral n'est ni l'un ni l'autre : c'est une donnée publique gratuite qui sert de fond aux deux. Déposé tel quel en guise de DP2, il est refusé, parce qu'il ne porte ni le projet, ni les cotes, ni les hauteurs, ni les réseaux.
Une règle mnémotechnique pour ne plus se tromper : si l'on peut lire le nom de la rue voisine, c'est un plan de situation ; si l'on peut lire la distance entre l'abri et la clôture, c'est un plan de masse.
La mairie dispose d'un mois à compter du dépôt pour réclamer les pièces manquantes. L'instruction est alors suspendue et le délai repart intégralement à leur réception : une erreur de plan coûte rarement moins de trois semaines. Voici celles que nous corrigeons le plus souvent sur les dossiers repris après un premier dépôt.
Aucune de ces erreurs ne porte sur le projet lui-même : toutes portent sur la façon dont il est décrit. C'est ce qui les rend évitables, et c'est aussi ce qui explique qu'un dossier repris puis redéposé passe presque toujours au second tour, sans que rien n'ait changé sur le terrain.
b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante.
Nous produisons les pièces DP1 à DP8, remplissons le Cerfa 13703 et déposons le dossier en mairie. Vous suivez l'instruction depuis votre e-mail.

Deux notions distinctes qui décident du type d'autorisation. Méthode de calcul et cas des débords de toiture.
6 min

Ce que chaque plan doit montrer, les échelles admises et les erreurs qui déclenchent une demande de pièces complémentaires.
11 min

Point de départ du délai, majorations, demande de pièces complémentaires et accord tacite.
6 min
Une déclaration préalable se juge sur la cohérence entre ses pièces : une cote présente sur un plan et absente d'un autre suffit à déclencher une demande de pièces complémentaires.
Le contenu attendu ne change pas d'un projet à l'autre, mais les cotes à porter et les prescriptions du PLU à vérifier, si.
Les 42 cas de travaux