Aller au contenu principal
Démarrer ma déclaration
Une professionnelle aligne une insertion paysagère transparente avec une maison dans une rue française

Pièce DP6

Insertion paysagère DP6 : le document graphique qui emporte l'avis

Le DP6 est la seule pièce du dossier qui montre le projet tel qu'il sera vu. C'est aussi celle que l'Architecte des Bâtiments de France regarde en premier lorsqu'il est consulté. Voici quand elle est exigée, comment la produire sans logiciel coûteux, ce que le service instructeur y cherche vraiment, et les montages qui font plus de mal que de bien.

  • Pièce DP6 du dossier
  • Exigé si visible de l'espace public
  • Décisif en périmètre ABF

Devis ferme après le questionnaire · toutes les pièces produites · dossier déposé en mairie

Ce qu'est le document graphique d'insertion

Le DP6 est le seul document du dossier qui montre le projet tel qu'il sera vu. Le plan de masse dit où il se trouve, le plan des façades dit à quoi il ressemble à plat ; le document graphique d'insertion, lui, répond à la question du voisin et de l'élu : qu'est-ce que ça va donner depuis la rue ?

L'article R.431-10 du code de l'urbanisme en fixe l'objet en une phrase, et cette phrase mérite d'être lue mot à mot : apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel, ainsi que le traitement des accès et du terrain. Trois exigences, pas une seule : montrer le bâtiment ne suffit pas, il faut aussi montrer ce qui l'entoure et comment on y accède.

C'est ce qui distingue un DP6 d'une simple image de synthèse. Une belle perspective du projet seul, détourée sur fond blanc, ne répond à aucune des trois exigences et sera renvoyée.

Dans quels cas le DP6 est-il exigé ?

Article R.431-36 : le dossier comprend les documents des c) et d) de l'article R.431-10 dès que l'une de ces situations est réunie.
CritèreDP6 exigéDP6 non exigé
Construction visible depuis l'espace publicOuiNon
Site patrimonial remarquableOuiNon
Abords d'un monument historiquePérimètre délimité ou 500 mOuiNon
Site classé ou en instance de classementOuiNon
Projet en fond de jardin clos, invisible de la rueNonOui
Travaux intérieurs sans effet extérieurNonOui
Effet sur le délai d'instructionConsultation de l'ABF2 mois1 mois

Quand le DP6 est-il exigé ?

L'article R.431-36 est explicite : lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public, ou qu'il se situe dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, dans les abords des monuments historiques, ou dans un site classé ou en instance de classement, le dossier comprend également le document graphique d'insertion et les deux photographies DP7 et DP8.

En pratique, le critère de visibilité est interprété largement. Un abri en fond de jardin, derrière un mur plein de 2 m, échappe au DP6. Le même abri visible depuis un chemin communal ne lui échappe pas. Dans le doute, produisez-le : c'est aussi la pièce qui donne envie de dire oui.

En secteur protégé, il n'y a pas de doute possible, et l'enjeu change de nature. Le dossier est transmis à l'Architecte des Bâtiments de France, le délai d'instruction passe de un à deux mois, et le DP6 devient la pièce sur laquelle l'avis se forme. Un dossier techniquement irréprochable mais visuellement muet reçoit un avis assorti de prescriptions ; un dossier avec un montage clair et honnête passe.

Une professionnelle aligne une insertion paysagère transparente avec une maison dans une rue française
Le photomontage se réalise à partir d'une photographie prise depuis un point de vue accessible au public, au niveau de l'œil, sans grand angle.

Comment le réaliser

La notice officielle laisse le choix des techniques et cite le photomontage comme « la solution la plus simple pour un non-professionnel ». Elle mentionne aussi l'assemblage d'une photographie du site existant et d'une image de synthèse ou d'un croquis, ainsi que la perspective ou l'axonométrie lorsque le document est établi par un professionnel.

Autrement dit : rien n'impose un logiciel de modélisation. Un croquis à la main, propre, posé sur une photographie du site, est parfaitement recevable, et souvent mieux reçu qu'un rendu 3D générique qui ne ressemble pas au quartier.

Réaliser un photomontage crédible

Quatre étapes. Aucune ne demande de logiciel professionnel : un appareil photo et un outil de retouche courant suffisent.

  1. 1

    Choisir le point de vue

    Depuis un endroit accessible au public (trottoir, rue, chemin) et depuis lequel le projet sera réellement vu. Un point de vue choisi pour dissimuler le projet derrière un arbre se repère immédiatement et dessert le dossier.

  2. 2

    Photographier en conditions honnêtes

    Appareil au niveau de l'œil, sans grand angle qui écrase les volumes, par temps clair, hors saison de feuillage dense si la végétation masque le projet. La photographie doit montrer les constructions voisines, qui donnent l'échelle.

  3. 3

    Intégrer le projet à la bonne échelle

    Photomontage à partir des dimensions réelles, en s'appuyant sur un élément de référence visible : hauteur d'une porte, d'un mur, d'une haie. Une insertion trop petite est le défaut le plus fréquent, et le plus vite repéré.

  4. 4

    Légender et compléter

    Indiquez le point de vue, la date de la prise de vue, les matériaux et teintes retenus, et le traitement des abords : clôture, accès, plantations. C'est cette légende qui transforme une image en pièce de dossier.

Ce que l'Architecte des Bâtiments de France y cherche

L'ABF n'examine pas le projet en lui-même : il examine son effet sur un ensemble. Cinq points reviennent dans ses avis.

Le rapport d'échelle. Le volume projeté est-il en proportion des constructions voisines ? Un abri de 20 m² dans un hameau de granges n'a pas le même effet que le même abri dans un lotissement.

Les lignes. Alignement du faîtage, sens de la pente, rythme des ouvertures, hauteur de clôture par rapport aux clôtures mitoyennes. Une rupture de ligne se voit davantage qu'un écart de teinte.

Les matériaux et les teintes en situation. Une teinte lue sur un nuancier ne dit rien ; la même teinte vue à côté d'un enduit voisin dit tout. C'est pour cela que le montage doit inclure les constructions avoisinantes.

Le traitement des abords. Accès, portail, clôture, plantations, imperméabilisation. Le code le mentionne explicitement, et c'est le point le plus souvent absent des dossiers.

La covisibilité. Le projet et le monument protégé sont-ils vus ensemble depuis un point accessible au public ? La réponse conditionne le sens de l'avis bien plus que la distance en mètres.

DP5 ou DP6 : deux pièces que tout le monde confond

Les deux peuvent être un photomontage, ce qui explique la confusion, mais elles ne répondent pas à la même question.

Le DP5, la représentation de l'aspect extérieur, montre la construction une fois les modifications réalisées. Il n'est demandé que si le plan des façades ne suffit pas à faire comprendre ce qui change. C'est une pièce de complément, cadrée sur le bâtiment.

Le DP6, le document graphique d'insertion, montre le projet dans son environnement : constructions voisines, paysage, accès, terrain. C'est une pièce de contexte, cadrée large.

Concrètement, un DP5 se prend depuis le trottoir d'en face ; un DP6 se prend depuis le bout de la rue. Rien n'interdit qu'une même image serve aux deux si elle répond aux deux objets, mais il faut alors qu'elle soit cadrée large et légendée en conséquence.

Les montages qui font refuser un dossier

Un DP6 raté ne fait pas seulement perdre du temps : il abîme la crédibilité de tout le dossier. Voici ce que nous voyons le plus souvent.

  • Le projet inséré trop petit. Le volume ne correspond pas aux cotes du plan de masse. L'écart se mesure en comparant à une porte ou à une haie.
  • Le point de vue de complaisance. Photographie prise depuis un angle depuis lequel personne ne passe, ou derrière un arbre providentiel.
  • La végétation ajoutée. Des arbres inexistants plantés sur le montage pour masquer le projet : c'est le montage qui décrédibilise le plus vite un dossier.
  • Le projet seul sur fond blanc. Aucune construction voisine, aucun paysage : les trois exigences du code ne sont pas remplies.
  • Le grand angle. Il écrase les volumes et éloigne les voisins : l'insertion paraît plus discrète qu'elle ne le sera.
  • Aucune légende. Ni point de vue, ni date, ni matériaux, ni traitement des abords.

Questions fréquentes sur insertion paysagère

Le DP6 est-il obligatoire pour tous les projets ?

Non. Il est exigé lorsque le projet crée ou modifie une construction visible depuis l'espace public, ou lorsqu'il se situe dans un site patrimonial remarquable, aux abords d'un monument historique ou dans un site classé. Un projet totalement invisible depuis la voie publique, hors secteur protégé, en est dispensé.

Faut-il un logiciel 3D pour réaliser une insertion paysagère ?

Non. La notice officielle cite le photomontage comme la solution la plus simple pour un non-professionnel, et admet aussi l'assemblage d'une photographie et d'un croquis. Un dessin à la main posé sur une photographie du site est recevable, et souvent plus convaincant qu'un rendu générique.

Quelle différence entre insertion paysagère et photographie DP7 ?

La photographie DP7 montre le terrain tel qu'il est aujourd'hui, dans son environnement proche. L'insertion paysagère DP6 montre le projet tel qu'il sera, replacé dans ce même environnement. La première est un constat, la seconde une projection.

L'insertion paysagère est-elle regardée par l'ABF ?

C'est la pièce sur laquelle son avis se forme. L'Architecte des Bâtiments de France y apprécie le rapport d'échelle avec les constructions voisines, les lignes de faîtage, les matériaux vus en situation, le traitement des abords et la covisibilité avec le monument protégé.

Peut-on retoucher la photographie du montage ?

On peut intégrer le projet, ajuster la luminosité et légender. On ne peut pas ajouter de végétation inexistante, supprimer une construction voisine ni choisir un point de vue depuis lequel le projet n'est pas visible. Ces montages sont repérés immédiatement et fragilisent l'ensemble du dossier.

Votre insertion paysagère, dessiné et déposé pour vous

Nous produisons les pièces DP1 à DP8, remplissons le Cerfa 13703 et déposons le dossier en mairie. Vous suivez l'instruction depuis votre e-mail.

À lire aussi

Une architecte du patrimoine compare un échantillon de pierre et un dessin de façade avec un propriétaire dans un centre ancien français
Secteur protégé

Travaux en secteur protégé : comprendre l'avis de l'ABF

Périmètre des monuments historiques, sites patrimoniaux remarquables, délai porté à deux mois et pièces supplémentaires attendues.

8 min

Une urbaniste et une propriétaire examinent des plans corrigés et une maquette dans une agence française
Refus

Refus de déclaration préalable : les 4 recours possibles

Recours gracieux, recours hiérarchique, tribunal administratif ou nouveau dépôt corrigé : ce qu'il faut engager dans les deux mois.

9 min

Les autres pièces du dossier

Une déclaration préalable se juge sur la cohérence entre ses pièces : une cote présente sur un plan et absente d'un autre suffit à déclencher une demande de pièces complémentaires.

Les projets qui réclament l'insertion paysagère

Le contenu attendu ne change pas d'un projet à l'autre, mais les cotes à porter et les prescriptions du PLU à vérifier, si.

Les 42 cas de travaux
Démarrer ma déclaration · devis ferme