Travaux en secteur protégé : comprendre l'avis de l'ABF
Périmètre des monuments historiques, sites patrimoniaux remarquables, délai porté à deux mois et pièces supplémentaires attendues.
8 min

Pièce DP7 · DP8
Les deux photographies sont les pièces les plus simples du dossier, et pourtant celles qui reviennent le plus souvent. Non parce qu'elles sont mal prises, mais parce qu'elles se ressemblent trop : deux vues du même endroit ne valent qu'une. Voici ce que chacune doit montrer, comment reporter les points de prise de vue, et les erreurs de cadrage qui font perdre trois semaines.
Devis ferme après le questionnaire · toutes les pièces produites · dossier déposé en mairie
Nous dessinons cette pièce
Photographies DP7 et DP8 et les autres pièces du dossier, produits à partir de vos mesures et du cadastre, puis déposés en mairie.
Démarrer ma déclarationLe code de l'urbanisme demande deux documents photographiques : l'un situe le terrain dans l'environnement proche, l'autre dans le paysage lointain. La formulation est volontairement large, parce que la notion de « proche » et de « lointain » change du tout au tout entre un centre-ville et un plateau agricole.
Ce que ces deux vues apportent au dossier, aucune autre pièce ne le donne : l'état réel du site, non redessiné, non interprété. Le plan de masse montre une géométrie, le DP6 montre une projection ; les photographies montrent ce qui existe.
Elles ne sont exigées que dans les mêmes cas que le DP6 : lorsque le projet crée ou modifie une construction visible depuis l'espace public, ou lorsqu'il se situe en site patrimonial remarquable, aux abords d'un monument historique ou en site classé. Elles ne sont pas non plus exigées lorsque le terrain se situe dans un périmètre ayant déjà fait l'objet d'un permis d'aménager.
| Critère | DP7 (Environnement proche | DP8) Paysage lointain |
|---|---|---|
| Objet | Le terrain et les parcelles qui le jouxtent | Le terrain dans la rue ou le paysage |
| En zone urbaine | Façades voisines, arbres existants | Aspect général de la rue et des espaces publics |
| En zone rurale | Terrain, terrains voisins, végétation | Paysage environnant |
| Point de vue reporté sur DP1 et DP2 | Oui | Oui |
| Photographie et non photocopie | Oui | Oui |
| Dispense possible | — | Si aucun point de vue lointain n'existe, sur justification |
La photographie DP7 permet de connaître l'aspect du terrain d'implantation du projet et des terrains qui le jouxtent immédiatement. C'est une vue rapprochée, prise en général depuis la limite de la parcelle ou depuis le trottoir devant l'entrée.
En zone urbaine, la notice précise ce qu'elle doit montrer : la façade des constructions avoisinantes et les arbres existants. Le voisinage bâti donne l'échelle et le vocabulaire architectural auxquels le projet devra se mesurer.
En zone rurale, elle montre le terrain, les terrains voisins, les arbres et la végétation existante. La haie, le talus, l'alignement d'arbres ne sont pas des détails : ils conditionnent l'appréciation de l'impact visuel, et le règlement de zone en impose parfois le maintien.
Cadrez de façon à faire figurer la partie du terrain où le projet sera implanté. Une vue prise dos au futur emplacement, aussi nette soit-elle, ne remplit pas l'objet de la pièce.
La photographie DP8 permet de connaître l'aspect du terrain d'implantation et des terrains avoisinants, à une distance suffisante pour que le terrain soit replacé dans son contexte.
En zone urbaine, elle montre l'aspect général de la rue, des espaces publics et des façades : c'est la vue depuis laquelle un passant découvrira le projet. On la prend en général depuis le trottoir opposé, ou depuis le carrefour le plus proche.
En zone rurale, elle montre le paysage environnant : la silhouette du hameau, la ligne de crête, la structure des parcelles. C'est la photographie déterminante en site inscrit ou classé, parce que c'est elle qui révèle une covisibilité.
Le code prévoit une dispense : la vue lointaine n'est pas exigée si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible. Le cas existe : cœur d'îlot entièrement fermé, fond de cour. Il se justifie en une phrase dans la notice, et non par une simple absence de pièce.

C'est l'exigence la plus ignorée du dossier, et pourtant elle est écrite noir sur blanc dans le même alinéa que les photographies : « Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. »
Concrètement, deux repères numérotés, 7 et 8, placés à l'endroit exact où le photographe se tenait, chacun assorti d'un petit cône indiquant la direction et l'ouverture du champ. Il faut les porter sur les deux plans, pas sur un seul.
Ce détail sert directement l'instruction : il permet de vérifier que la vue lointaine est bien lointaine, que la vue proche montre le bon côté de la parcelle, et qu'aucun point de vue n'a été choisi pour dissimuler quoi que ce soit. Son absence est un motif de demande de pièces à part entière, et l'un des plus faciles à éviter.
Quinze minutes sur place, cinq minutes de report. La dernière étape est celle qui manque dans la plupart des dossiers.
Un point proche, d'où l'on voit le terrain et ses voisins immédiats ; un point éloigné, sur la voie publique, d'où l'on voit le terrain replacé dans la rue ou le paysage. Les deux doivent être accessibles au public.
Par temps clair, sans contre-jour, appareil au niveau de l'œil, cadrage horizontal. Évitez le grand angle, qui éloigne artificiellement les constructions voisines, et les heures où la façade concernée est dans l'ombre.
« DP7 : vue proche depuis le portail, prise le 14 mars 2026, orientation sud-ouest ». La date et l'orientation évitent toute ambiguïté lorsque le dossier est instruit plusieurs semaines après.
Deux repères numérotés, avec un cône d'ouverture indiquant l'angle, placés à la fois sur le plan de situation DP1 et sur le plan de masse DP2. C'est une exigence explicite du code de l'urbanisme.
Aucune exigence technique n'est fixée par le code : ni résolution, ni format, ni matériel. Ce qui est attendu, c'est une image exploitable. Quelques règles simples suffisent.
Le cadrage. Horizontal, appareil au niveau de l'œil, sans grand angle. Le grand angle éloigne les constructions voisines et fausse la perception des distances : exactement ce que le service instructeur cherche à apprécier.
La lumière. Par temps clair, sans contre-jour. Une façade en ombre portée sur une photographie de fin de journée ne montre ni ses matériaux ni ses teintes.
La saison. Une haie en pleine feuillaison masque le terrain ; le même cliché en hiver le révèle. Choisissez la vue la plus informative, pas la plus flatteuse : un dossier honnête s'instruit plus vite.
La légende. Numéro de pièce, nature de la vue, date de la prise de vue et orientation. Un dossier instruit six semaines après le dépôt gagne à porter ses dates.
Le tirage. En dépôt papier, la notice exige une photographie dans chaque exemplaire du dossier, et non une photocopie. En dépôt dématérialisé, un fichier JPEG de bonne résolution suffit.
Sur deux photographies, la marge d'erreur est étroite, et toujours la même :
d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse.
Nous produisons les pièces DP1 à DP8, remplissons le Cerfa 13703 et déposons le dossier en mairie. Vous suivez l'instruction depuis votre e-mail.

Périmètre des monuments historiques, sites patrimoniaux remarquables, délai porté à deux mois et pièces supplémentaires attendues.
8 min

Ce que chaque plan doit montrer, les échelles admises et les erreurs qui déclenchent une demande de pièces complémentaires.
11 min
Une déclaration préalable se juge sur la cohérence entre ses pièces : une cote présente sur un plan et absente d'un autre suffit à déclencher une demande de pièces complémentaires.
Le contenu attendu ne change pas d'un projet à l'autre, mais les cotes à porter et les prescriptions du PLU à vérifier, si.
Les 42 cas de travaux